Connaissez-vous la lutte intégrée ?

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Protéger une culture ne signifie pas éliminer systématiquement tous les insectes présents dans les parcelles ! Dans un environnement naturel, chaque espèce joue un rôle et certaines peuvent même devenir de précieuses alliées. C’est sur ce principe que repose la lutte intégrée : observer, prévenir et intervenir de manière ciblée, en privilégiant autant que possible les mécanismes naturels.

Lutte intégrée dans des vergers de myrtilles

Qu’est-ce que la lutte intégrée ?

La lutte intégrée, également appelée protection intégrée des cultures, consiste à combiner différentes méthodes pour limiter le développement des ravageurs et protéger les plantes, afin de ne pas avoir recours aux produits phytopharmaceutiques.

Elle ne repose donc pas sur une solution unique.

La lutte intégrée associe notamment :

  • la surveillance régulière des cultures ;
  • les pratiques agronomiques préventives ;
  • la préservation de la biodiversité présente dans les parcelles ;
  • l’utilisation d’auxiliaires vivants ;
  • le recours à des solutions de biocontrôle ;
  • et, seulement lorsque cela s’avère indispensable, des interventions complémentaires raisonnées.

Son objectif est de maintenir un équilibre permettant de contenir les populations de ravageurs à un niveau compatible avec la bonne santé de la culture (et non de supprimer toute forme de vie autour de la plante !). C’est également le principe retenu par le ministère de l’Agriculture pour définir le biocontrôle : gérer l’équilibre entre les populations plutôt que rechercher leur éradication systématique.

Comment fonctionne la lutte intégrée ?

Tout commence par l’observation.

Nos équipes suivent régulièrement les parcelles afin de détecter l’apparition éventuelle de ravageurs, d’identifier les espèces présentes et d’évaluer leur niveau de développement. Cette surveillance permet d’intervenir au moment le plus pertinent, avant qu’une population ne devienne difficile à maîtriser.

Nous pouvons alors introduire des auxiliaires spécialement sélectionnés pour agir contre certains ravageurs. Il peut s’agir d’insectes prédateurs, de parasitoïdes, d’acariens utiles, de nématodes ou encore de micro-organismes.

nématodes pour lutte intégrée

Zoom sur des nématodes (vers microscopiques) qui nous permettent de lutter contre les charançons (vers blancs).

Certains auxiliaires se nourrissent directement des ravageurs. D’autres pondent dans leurs œufs ou leurs larves et interrompent ainsi leur développement. Chaque auxiliaire possède sa propre fonction, son propre cycle de vie et des conditions particulières d’efficacité.

La réussite ne dépend donc pas seulement du choix de l’auxiliaire. Elle dépend aussi du moment de son introduction, de la quantité utilisée, de la fréquence des lâchers, de la température, de l’humidité, du stade de développement de la culture et de la pression réelle exercée par les ravageurs.


Des solutions à adapter aux réalités du plein champ

Nous avons choisi de travailler avec Koppert, entreprise familiale néerlandaise avec laquelle nous sommes en relation depuis 2001 et qui est devenue une référence mondiale dans le domaine de la protection biologique des cultures et de la pollinisation naturelle. Ses solutions sont aujourd’hui utilisées par des producteurs dans plus de 100 pays.

Bourdons pour une pollinisation naturelle des myrtilliers

Les fleurs de nos myrtilliers sont pollinisées de manière naturelle.

Dans le cadre de notre collaboration, nous sommes devenus ambassadeurs Koppert et avons testé différents auxiliaires dans nos cultures de myrtilles.

Mais une solution biologique ne peut pas être utilisée comme une simple recette applicable partout de la même manière : les connaissances scientifiques, la sélection des auxiliaires et les protocoles élaborés par Koppert sont essentielles. Cependant, les conditions rencontrées dans une culture de plein champ sont beaucoup plus variables que celles d’un environnement contrôlé. Et c’est là que Myrtille de Sologne intervient.

Dans nos parcelles, les auxiliaires doivent composer avec :

  • les variations de température entre le jour et la nuit ;
  • le vent et les précipitations ;
  • la configuration des plantations ;
  • le développement de la végétation ;
  • la présence d’autres insectes ;
  • la dispersion naturelle des auxiliaires ;
  • et l’évolution parfois très rapide des populations de ravageurs.

Un auxiliaire efficace dans certaines conditions peut ainsi nécessiter un calendrier, une dose ou une méthode de diffusion différentes lorsqu’il est utilisé dans un verger de plein champ.


Construire un plan d’utilisation réellement efficace

Notre rôle ne consiste donc pas uniquement à essayer les solutions proposées. Nous réalisons un véritable travail d’expérimentation agronomique : avec les équipes de Koppert, nous observons le comportement des auxiliaires après leur introduction dans les parcelles. Nous évaluons leur installation, leur dispersion, leur capacité à atteindre les ravageurs ciblés et la durée de leur action.

Dans le cas des nématodes, qui nous permettent de lutter contre les larves de charançons – un vrai problème pour notre culture dans notre région – nous les appliquons via notre réseau d’irrigation (en goutte à goutte) pour « être à l’optimum ».

Nématodes appliqués par système d'irrigation

Microscopiques, les nématodes sont délivrés via notre réseau d’irrigation pour une application optimale et homogène.

À partir des résultats obtenus, nous adaptons progressivement :

  • les périodes d’introduction ;
  • les doses utilisées ;
  • le nombre et la fréquence des lâchers ;
  • les points de diffusion dans les parcelles ;
  • les associations possibles entre plusieurs auxiliaires ;
  • et les méthodes de suivi permettant d’évaluer leur efficacité.

Cette démarche nous permet de construire, saison après saison, un plan d’utilisation adapté aux conditions réelles de nos cultures.

Elle apporte également à Koppert des informations directement issues du terrain. Ces retours sont indispensables pour transformer une solution biologique prometteuse en un programme de protection fiable, reproductible et économiquement applicable par les producteurs.

Koppert souligne d’ailleurs que l’un des principaux défis de la protection biologique réside précisément dans l’intégration des différentes solutions au sein d’un système complet et cohérent de protection des cultures.

Une collaboration entre recherche et expérience agricole

Cette collaboration repose sur la complémentarité de deux expertises : Koppert apporte sa connaissance scientifique des auxiliaires, de leur biologie et des interactions naturelles entre les espèces ; de notre côté, nous apportons notre expérience de la culture de la myrtille en plein champ, notre connaissance des parcelles et notre capacité à observer les résultats dans des conditions agricoles réelles.

C’est en confrontant la recherche aux réalités du terrain que nous pouvons progresser. Une solution ne devient véritablement utile que lorsqu’elle peut être intégrée à un itinéraire cultural, comprise par les équipes et appliquée de manière suffisamment fiable pour protéger efficacement la récolte.


Produire autrement demande de la précision

La lutte intégrée n’est ni une méthode approximative ni une absence d’intervention. Elle exige au contraire beaucoup d’observation, d’anticipation et de technicité. Elle impose de comprendre les cycles biologiques, de suivre précisément les populations présentes et d’accepter que les équilibres naturels se construisent dans le temps.

À travers notre rôle d’ambassadeur et notre collaboration avec Koppert, nous participons à cette mise au point indispensable : faire évoluer les solutions biologiques pour qu’elles répondent concrètement aux exigences et aux contraintes des cultures de myrtilles en plein champ.

C’est une démarche exigeante, mais essentielle pour construire une agriculture plus respectueuse des équilibres naturels, sans renoncer à la qualité des fruits ni à la protection des récoltes. 100 % en accord avec notre philosophie de travail et la méthode d’Agriculture fusionnelle que nous avons mise au point.